
Céline n’est pas tombée dans l’encre quand elle était petite, mais presque.
C’est à 15 ans qu’elle découvre les métiers de l’imprimerie, et depuis, son goût prononcé pour la fabrication et le support imprimé n’a cessé de croître. Pourtant, loin d’être un dinosaure de l’édition (le fameux Gutenbergosaurus), Céline mesure quotidiennement dans son travail toute la valeur de ce qu’elle a appris en manipulant casses et composteur pendant ses études.
Retour sur le parcours peu commun d’une artisane-designer passionnée.
Naissance d’une vocation
À 15 ans, Céline fait ses débuts en imprimerie et découvre la composition au plomb. Développant sa minutie et une patience à toute épreuve, elle apprend à composer caractère après caractère et ligne après ligne (et à lire à l’envers).
Placés dans un composteur puis sur des plaques, les caractères d’imprimerie composaient le texte d’une page, qui était ensuite imprimé sur des feuilles de papier. À chaque page, il fallait enlever tous les caractères de plomb de la plaque et recommencer.
Ce travail de moine nécessite patience et perfectionnisme ; Céline en a tiré un goût exacerbé pour la production et le support imprimé. Parallèlement, elle maîtrise la séparation des couleurs ainsi que le montage des pages à partir de surfaces sensibles telles que le bromure (papier photographique) ou les
films (séparation des couleurs par canal cyan-magenta-jaune-noir).

